J'ai rencontré Anne Lévy-Morelle

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Le Rêve de Gabriel

Un film de Anne Lévy-Morelle 

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J’ai rencontré Anne Lévy-Morelle en Belgique lors d’un travail en atelier d’écriture sur un roman qu’elle envisageait de publier. Cette collaboration a duré un an. Discrète sur ses autres activités, notamment celle de cinéaste, il m’a fallu voir « Le Rêve de Gabriel » avant de mieux comprendre le sens de sa démarche. 

Anne est née à Bruxelles en 1961. Elle est diplômée de Philosophie et Lettres à l’ULB (l’Université Libre de Bruxelles) ainsi que de réalisation à l’INSAS (l’Université Supérieure des Arts du Spectacle). Elle collabore régulièrement à l’émission Strip-Tease de la RTBF. Elle est aujourd’hui Maître de conférence  à l’ULB.Le « Rêve de Gabriel » date de 1997. 

  Mes impressions :

Lorsque le générique de fin a commencé de défiler, il m’a fallu, à regret, reprendre contact avec la réalité. Quelques minutes furent nécessaires pour que ma gorge se dénoue et que mes yeux se sèchent. 

« Il est juste d’avoir des rêves, c’est un devoir de les accomplir ». Gabriel n’a pas failli. Certains parleront d’obstination, d’autres d’entêtement, alors qu’il s’agit d’accomplissement. 

Tu disposais de documents exceptionnels que tu as su habilement utiliser. Les insertions de ces séquences familiales, muettes, sont particulièrement émouvantes. Tes interventions narratives arrivent à point nommé et servent heureusement le film par leur texte écrit avec des mots simples, sans redondances et sans inutiles effets. L’usage, savamment dosé, de la voix off des personnages interrogés aux visages pensifs dont les regards sont encore plongés dans ces paysages vertigineux, apporte une touche de mélancolie. Ces visages sont des tableaux frappés par un sortilège : ils parlent. On ne peut comparer ces familles aux pionniers qui de tous temps ont essaimé à travers le monde et qui partaient pour fuir leur triste condition ou pour construire de nouveaux empires. Celles-là sont à l’abri du besoin. Elles font table rase de l’acquis pour poursuivre des chimères. C’est une œuvre magistrale, toute en retenue, en pudeur. L’émotion est présente dès les premières images et ne vous lâche qu’à la fin. Et encore… pas tout à fait, car je crois que ces quatre familles vont persister longtemps dans ma mémoire. Merci, Anne, pour ces 84 minutes de pur bonheur.

Court résumé :

  En 1948, quatre familles belges, nombreuses et fortunées, vendent tous leurs biens et embarquent sur de grands navires à destination de l’autre hémisphère, jusqu’en Patagonie chilienne. Un voyage en principe sans retour, à la poursuite d’une autre vie, voulue par un homme qui n’a, en apparence du moins, rien d’un révolutionnaire : Gabriel de Halleux.Voici une histoire épique et vraie, racontée par une conteuse-brodeuse d’archives, de témoignages et de paysages grandioses. Le film questionne l’acharnement d’un chef de famille à vivre son rêve et le mystère des forces de séduction de cet endroit lointain, âpre et venteux.“Le Rêve de Gabriel” est la « matrice » des « épopées authentiques » en tant que genre. Il a émerveillé des milliers de spectateurs et reste toujours aussi actuel. Peut-être parce qu’il traite d’une question universelle qui ne vieillit pas : comment réinventer sa vie ?

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