6ème Festival du Livre de Bois-L'Evêque

Bois-l'Evêque, 11 heures

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   Si l’on attendait un miracle, une foule inattendue de pèlerins-lecteurs, ou un car de Japonais, il a fallu se rendre à l’évidence, la forêt de Bois-l’Evêque ne nous a délégué que quelques lutins et elfes, plus portés à la tradition orale qu’à la chose écrite. D’ailleurs, le salon était parrainé cette année par Pierre DUBOIS, « elficologue »… 

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Pierre DUBOIS, au premier plan. Au micro, Josine MONTAY, l'organisatrice du salon.


   Pourtant, ce cadre sylvestre pourrait inciter au déplacement. Pour excuse, on arguera bien sûr d’un marché à Maroilles, de la fête des pères et, en cherchant bien, un loto organisé par l’association des pêcheurs locaux ou un concours de belote, mais enfin, tout de même, les allées – ni celles du roi, ni celles du pouvoir – du salon ne furent point encombrées. Cependant, juste après l’inauguration, qui intervînt fort inopportunément à l’heure de la conférence que je devais assurer avec la complicité de mon ami Jean-Denis Clabaut, on devait constater une affluence, miraculeuse celle-là, autour des coupes de vin mousseux. Ajoutons que notre conférence consacrée au roman historique fut appréciée. N’est-ce point là l’essentiel ?


   Cette année, point de restaurant pour les auteurs. Ils furent invités… à ouvrir leur bourse pour « s’offrir » les frites saucisses dont ils durent assurer eux-mêmes le service aux risques et périls des chemises et pantalons.
   De qui se moque-t-on ? Car enfin, on fait se déplacer des auteurs, à leurs frais, pour « honorer » de leur présence un salon dont l’absence de visiteurs rend l’existence inutile. Tant l’existence du salon que celle des auteurs.
   A qui profite une telle manifestation ? Est-elle justifiée ?

  Je ne mets nullement en doute l’implication des organisateurs, ni leur dévouement, mais l’organisation d’un salon consacré au livre ne peut se passer d’une réelle passion pour la littérature. Les salons qui connaissent le succès – en dehors des manifestations à gros budget – sont ceux qui impliquent des acteurs du livre, bibliothécaires, libraires, prof de lettres, inconditionnels de la lecture. Il est par ailleurs inadmissible que l’événement ne soit pas couvert par la presse locale (ou si peu), alors qu’elle consacre tant d’espace à des faits anodins.       Les média se déplacent lorsque l’on les y incite fortement.
  Un salon sans public est une outre vide.

   Il faut juste se poser la question de l’utilité aujourd’hui de la tenue de tels salons qui coûtent à tous les intervenants. Rappelons bien que les auteurs présents n’en tirent aucun profit, ni pour se faire connaître, ni pour compenser ne serait-ce qu’une partie des frais qu’ils ont engagés. J’ai, pour ma part, parcouru 200 kilomètres et perdu une journée que j’aurais pu consacrer à l’écriture ou, pourquoi pas, à la fête des pères ?

   J’enfonce le clou par une remarque récurrente placée à chacun de mes comptes-rendus de salons : pourquoi les organisateurs de salon ne s’entendent-ils pas avec les bibliothèques et  les médiathèques pour qu'elles achètent au moins un livre de chacun des auteurs présents comme témoin de leur passage dans la commune ? Ne serait-ce pas là un moyen de constituer un fond d'auteurs régionaux ?

 

Quelques rencontres :

   Sylvie Bocquet est une nouvelle recrue de l’ADAN (Association des auteurs du Nord Pas-de-Calais). Angevine de naissance, elle a rejoint le pays d’origine de son père à l’âge de onze ans. Enseignante en Côte d’Ivoire puis en France, elle demeure désormais dans le Nord.

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« Marguerite a 14 ans et en ce mois de décembre 2010, elle voit sa mère préoccupée par la situation politique en Côte d'Ivoire. C'est là que vit papy Yao, son grand-père. Pendant plusieurs mois, la vie de la famille va être rythmée par les informations en provenance d'Afrique. Marguerite essaie de comprendre ce qui se passe là-bas, pourquoi son grand-père est en danger, pourquoi ce qu'elle entend à la télé ne correspond pas toujours à ce que lui racontent ses parents... »

   Elodie Soury-Lavergne                                  Colette Despois                                        

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     Jean-Denis Clabaut                                     Pierre Zylavski

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    Elodie Soury-Lavergne est née à Valenciennes et vit actuellement près de Lille. A l’âge de 7 ans, une rencontre avec la Comtesse de Ségur puis Prévert lui fera prendre le chemin de la littérature. D’études de lettres en concours de poésie et de nouvelles, dont le Prix du Jeune Ecrivain 2011, elle y tracera sa voie jusqu’à ce premier roman : 

Les cadavres en fleurs (chez Dub-Editions)

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    "Il s’appelle Fulbert. Il est rentier, asocial et complexé par la sonorité du patronyme dont l’a étrangement affublé sa mère, pianiste virtuose. Il se sent aussi très seul et déteste les vieilles peaux. Peut-être parce que sa mère n’a pas eu l’occasion d’en devenir une. Elle est décédée un matin – il avait dix ans – juste après l’éclosion d’un perce-neige, une brève coupure d’électricité et la toilette matinale de son père. Depuis, Fulbert affiche une véritable passion pour les fleurs, qui fanent, sèchent. Que l’on peut garder près de soi toute une vie. Il voudra bientôt faire profiter l’humanité de cette qualité florale, quel qu’en soit le prix.

   Autour de lui gravitent également un chien juif circoncis prénommé Rabbin, une sirène amatrice de parties de pêche à la canne à strophes, un steward cannibale, un Blobfish inutile, un porc populiste et une girafe complexée."

Commentaires

  • Marie-Claire George
    Surprise : je me suis reconnue en face de Colette Despois !
    Bien d'accord avec vous, Jean-François : cette journée n'a apporté que l'agrément de quelques rencontres, rien hélas au point de vue littéraire... ni commercial, bien entendu. Les rares égarés passaient au large des tables en évitant nos regards, que diable venaient-ils faire là ??? Grosse déception. Chacun sait que "c'est la crise" mais une participation aussi confidentielle appelle une remise en cause de l'organisation. Il pleut, du temps à écrire. Bonne journée !
  • barbe DENIS
    • 2. barbe DENIS Le 21/06/2013
    MERCI pour ce témoignage, j'ai eu aussi l'occasion d'exprimer la même frustration à ADAN et au Conseil Général du Nord
  • Effy
    • 3. Effy Le 22/06/2013
    Quand on va a un salon où l'emplacement est gratuit, on peut bien débourser 4€ pour manger.
  • jfzimmermann
    Le problème ne se résume évidemment pas à quatre euros... Un auteur n'est ni éditeur, ni libraire, ni commerçant. Bien souvent, son "bénéfice" se réduit à ses droits d'auteur, soit environ 8% du prix de l'ouvrage. Je vous ferai remarquer que lorsqu'il n'a effectué que deux dédicaces au cours d'un salon (ce fut mon cas dans la manifestation en question), il ne peut même pas s'offrir la saucisse-frites promise !
    Plus sérieusement, je vous conseille de relire mon article plus lentement que vous n'avez dû le faire et vous comprendrez alors que votre remarque est particulièrement incongrue.
  • jfzimmermann
    Il faudra peu-être un jour noter les salons et leur délivrer des étoiles comme le fait Michelin pour les restaurants...

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