Recension de "Le mépris et la haine" sur EULALIE

Eulalie sept 2016 couv

La revue EULALIE est éditée par le CRLL (Centre Régional du Livre et de la Lecture) de la région des Hauts-de-France.

Il est toujours flatteur pour un auteur d'être remarqué par cet organisme et de bénéficier d'une recension critique dans la rubrique "Des auteurs et des livres" concernant un de ses ouvrages.

C'est chose faite pour "Le mépris et la haine".

Eulalie sept 2016 art

Le Mépris et la haine

Jean-François Zimmermann

 

« Attachez vos ceintures… »

Quand vous débutez Le Mépris et la haine de Jean-François Zimmermann, vous embarquez à bord du vaisseau la Marie-Victoire pour un voyage jusque dans les profondeurs du cœur et de l’âme humaine qui dure sur plus de quatre cents pages. C’est un pavé. Et l’auteur ne cultive pas la séduction facile. Les clins d’œil à la modernité, très peu pour lui ! Il écrit à contre-courant, à contre mode. « Fidèle au XVIIème siècle dont il épouse la langue avec bonheur… », dit la quatrième de couverture.

Zimmermann aime les mots précis qui désignent l’objet, les mots techniques de la marine, les mots patinés, voire les mots vieillis qu’il faut expliquer en notes.

L’époque n’est pas la même, mais dans les épisodes de pêche à la morue, il y a du Pierre Loti. L’auteur a lu et digéré les classiques. Dans la saga des grands feuilletons du XIXème, on imagine Le Mépris et la haine faire le bonheur des gazettes. Le style, parfois, peut paraître ampoulé.

Par-delà une certaine préciosité dans les ambiances et dans les paysages, les personnages sont campés avec efficacité. « Presque aussi épais qu’il est large, le jardinier porte son ventre en avant avec fierté comme s’il était  le résultat d’une œuvre accomplie et admirable ». Le lecteur se prend de sympathie pour Tanguy  le roturier, pour Emilie comme pour Rosalie ses amoureuses, et pour la « charmante » comtesse de Porcon. Jusque dans leur noirceur la plus extrême, le comte Yves de Porcon et surtout son fils, Guy, restent profondément humains, terriblement humains. L’histoire est bien charpentée.

Loin de la culture zapping, Le Mépris et la haine ne peut pas se lire entre deux sonneries, deux tweets ou deux « JT » d’infos continues.

Il faut prendre le temps. Attacher sa ceinture comme pour partir en voyage.

 

Hervé Leroy

 

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